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Bouddha n’a pas inventé la méditation. Elle remonte à plus de 2000 ans avant JC. Pour les bouddhistes elle permet de connaître la réalité en reconnaissant certains aspects du monde comme l’impermanence des choses.

En pratique, elle consiste à se concentrer pour calmer l’esprit puis à observer. Avec un esprit calme on peut observer ses propres pensées : d’où vient-elle, quelle est sa couleur, où va-t-elle etc.

La méditation moderne a surtout pour but de nous transformer. A chaque instant les moines essayent de vivre une transformation intérieure où il n’y a plus de dispersion, de confusion, d’addiction etc. C’est un chemin de vie difficile pour les moines.

On est proche du stoïcisme qui consiste entre autres à ne pas se laisser affecter par les événements extérieures. Les situations difficiles qui nous affligent émanent du destin qui nous échappe et qu’on ne peut qu’accepter.

En pratique, plus tu vas aller loin dans la méditation plus tu vas t’apercevoir de tes résistances au changement. Il suffit d’un claquement de doigt pour tout le mouvement Zen. Méditer est une longue errance pendant laquelle rien ne se passe. On va être confronté à son “insécurité fondamentale”. Peut-on vivre hors de cette insécurité ?

Une méditation effective nous place dans un état hors de tout ce qui est connu. Certains japonais se sont référés à Maître Eckhartest un homme pauvre celui qui ne veut rien, qui ne sait rien et qui n’a rien.” Une méditation réussie nous mène dans un lieu où il n’y a ni vouloir, ni savoir, ni avoir. On éteint nos peurs et notre ego. On revient à la vie détaché et sans peur.

“Ultimement il ne faut rien faire” quand on médite. On va reconnaître que “le faire est inutile”.

Selon Dōgen, le fondateur de l’école Sōtō au Japon, il faut un lieu tranquille, clair ; tempéré en hiver et frais en été ; à l’abris du vent, de la fumée, de la pluie et de l’humidité. Assis sur un carré d’herbes ou tissu en demi-lotus ou lotus, droit, oreilles alignées aux épaules et le nez au nombril. On respire par le nez, yeux ouverts. On pense alors l’impensé c’est-à-dire sans penser.

Pratiquer le Zen c’est attendre l’inattendu, sans attentes.

Extraits de l’émission audio avec Éric Rommeluère sur https://www.franceculture.fr/religion-et-spiritualite/aux-origines-de-la-meditation

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