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On sait tous que bien manger c’est important. Mais à quel point ? Et bien manger ça veut dire quoi ?

Voici un résumé du documentaire “Bien nourrir son cerveau” qui nous révèle les dernières découvertes des scientifiques sur le sujet. Ça tombe bien j’ai faim !

  • La nourriture et les performances du cerveau

La population générale est carencée en omégas 3 qui permettent pourtant une connexion neuronale optimale dans le cerveau. Les omégas 3 s’incorporent dans les membranes des neurones leur donnant une flexibilité qui permet une meilleure connexion entre le neurones. Ces acides gras améliorent les propriétés électriques du cerveau, le signal se propage plus vite. Il faut faire attention surtout pendant la période de développement mental (incorporation massive des omégas 3 dans le cerveau), l’adolescence (changements alimentaires) et au cours du vieillissement (incorporation des omégas dans le cerveau moins efficace).

  • Les carences alimentaires et les comportements déviants

Le grand hamster de la plaine d’Alsace est aujourd’hui en voie d’extinction. Depuis les années 60, la surface agricole cultivée en maïs augmente dans cette région. En laboratoire, les femelles hamster exclusivement nourrit de maïs ont présenté des troubles pendant la période de reproduction : hyper-agressivité, hypersensibilité aux bruits et surtout 80% des femelles ont dévoré leurs petits dès le 1er jour de naissance. Par contre, si on ajoute à la nourriture des femelles (100% maïs) des vitamines B3, elles ont à nouveau un comportement normal (allaitage de leurs petits etc).

La nourriture peut-elle aussi induire des comportements déviants chez l’homme ?

Par exemple, aux Pays-Bas pendant la deuxième guerre mondiale une famine a touchée des femmes enceintes. Leurs enfants arrivés à l’âge de 18 ans ont montré des troubles de sociabilité plus importants que les gens du même âge nés à une autre époque. Ces troubles étaient l’impulsivité, l’agressivité et la violation récurrente de la loi. Aujourd’hui, de nombreuses études démontrent le lien entre la violence et l’alimentation quotidienne. Dans 8 prisons différentes aux Pays-Bas on a donné à 221 détenus volontaires des suppléments en vitamines, minéraux et acides gras. Le nombre d’incidents chez les détenus nourris en repas supplémentés a été réduit d’un tiers.

  • Nourriture quotidienne et mode de pensée

Le Professeur Soyoung Q Park en Allemagne a voulu en avoir le coeur net. Pour réaliser son étude, elle a proposé un jeu. Accepter l’offre de la personne en face qui partage de manière inéquitable de l’argent liquide posé sur une table. Tu peux soit accepter l’offre injuste et gagner un peu, soit refuser et personne ne gagne rien. Dans l’étude 24 personnes ont mangé deux fois des petits déjeuners apparemment similaires. En réalité, les petits déjeuners étaient soit hyper-protéinés, soit ordinaires. Les personnes qui ont mangé un petit déjeuner enrichi en protéines ont été plus tolérantes aux offres injustes (agissant dans leur propre intérêt). Alors que les personnes qui ont mangé un petit déjeuner surtout riche en glucides se sont montrées plus intransigeantes devant les offres injustes (rejetant les offres deux fois plus souvent). Pourquoi ?

On sait que la tyrosine est un acide animé important pour la composition de la dopamine dans le cerveau. La dopamine assure quant à elle la communication entre les neurones impliqués dans la motivation et la prise de risque. Dans cette étude, les chercheurs ont observé que les personnes avec une quantité plus élevée de tyrosine dans le sang sont celles qui acceptent plus facilement l’offre inéquitable. Les chercheurs supposent donc que le taux de dopamine augmente à son tour et altère nos décisions. Cette étude semble montrer que la nourriture peut en quelques heures influer sur nos décisions.

  • Sur-alimentation et mémoire

On a observé que les rats suralimentés en sucre et en gras ont une mémoire spatiale altérée. Chez l’homme quelques jours de malbouffe (junk food) suffisent à altérer les fonctions cognitives qui dépendent de l’hippocampe.

Une alimentation trop riche dérègle le système immunitaire et déclenche une réaction inflammatoire surtout dans les tissus graisseux. La masse grasse libère des molécules propageant l’inflammation dans tout le corps. Les neurones ne sont pas épargnées. la barrière hémato-encéphalique peut devenir poreuse à cause de l’inflammation. Dans le cerveau du rat obèse (en situation d’inflammation) les cellules microgliales (dont le rôle est de manger les neurones mortes) deviennent hyperactives et mangent des neurones vivantes.

Par ailleurs, les chercheurs ont découverts que l’activité électrique d’un neurone de souris augmente si on augmente son apport en glucose. Le glucose peut donc potentiellement modifier des zones entières du cerveau (émotion, plaisir etc).

  • Addiction au sucre et aux drogues dures

Les effets du sucre sur le cerveau sont similaires aux effets des drogues dures. Le rat choisit 4 fois plus souvent l’eau sucrée qu’une drogue dure (cocaïne ou héroïne). Le sucre est donc ultra addictif et sans doute plus addictif que les drogues dures.

Dans l’Oregon on a observé les effets du sucre sur une centaine d’étudiants habitués ou non à se gaver de crème glacée. Chez les étudiants qui n’ont pas l’habitude de manger de la crème glacée le circuit de récompense (qui contrôle la sensation de plaisir) s’active normalement. Au contraire, chez les étudiants habitués à se goinfrer de crème glacée, le circuit de récompense ne s’active pas (ce qui est anormal).
Il en résulte que les personnes qui consomment trop de ce qui leur procure de plaisir (sucre ou drogues) doivent en consommer toujours plus pour ressentir autant de plaisir.

Encore plus pernicieux, le cerveau habitué à trop de sucre devient hypersensible aux images de nourriture. Les publicités alléchantes nous tentent de plus en plus et on finit par céder. C’est le cercle vicieux vers l’obésité.

  • La diversité du microbiote et notre humeur

Le microbiote qui est composé de notre flore intestinale intervient aussi dans certains comportements. Le nerf vague est une voie de communication clé entre le cerveau et l’intestin. Le microbiote fait office d’intermédiaire entre la nourriture que nous consommons et notre cerveau. Les bactéries de notre flore agissent ainsi sur notre humeur et anxiété. L’essentiel est la diversité de notre microbiote.

Le régime méditerranéen, qui est diversifié et équilibré, est au top du classement pour conserver la diversité de notre flore intestinale. Il est composé de nourriture riche en végétaux, verdures, légumineuses (haricots, poix chiches..), poissons, graines et fruits. Une étude a démontré que sur 67 patients en état de dépression sévère, ceux qui ont adopté au mieux le régime méditerranéen sont ceux dont les symptômes ont le plus reculé.

  • Fruits rouges et santé mentale

Les polyphénols des fruits rouges peuvent revigorer les neurones sur le déclin. Une étude sur 200 personnes de plus de 65 ans, en relative bonne santé, a montré que ces personnes étaient protégées vis-à-vis des troubles de la mémoire en consommant suffisamment de fruits rouges.

Tu l’auras compris, tu es ce que tu manges. Mal manger peut te rendre addict et irrationnel. Alors que bien manger te permet de prendre des décisions plus rationnelles, de conserver ta mémoire et une pensée saine.

Alors pilule rouge ou pilule bleue ?? ‘-_-‘

Résumé du documentaire Bien nourrir son cerveau, disponible sur Arte et Amazon Prime.

#sportsauvage